©️Anne Mocaër, Avenue Royale, depuis 2021
ANNE MOCAËR
Avenue Royale
Description
Avenue Royale analyse les enjeux de la fabrique des villes à travers leurs transformations et examine ce que signifie habiter un espace « d’entre-deux » : entre destruction et reconstruction, espoir et résignation, effacement du passé et attente d’un futur incertain.
À Casablanca, l’avenue Royale incarne depuis plus de trente ans une promesse politique : une artère de 1,5 km reliant le centre-ville à la côte, symbole d’un élan urbain projeté. Pourtant, sur le terrain, elle demeure un territoire suspendu. Le long de son tracé, 11 500 familles vivent dans une temporalité figée, prise dans les replis d’un temps qui ne s’écoule plus.
Le projet ne documente pas la démolition, mais ce qui subsiste avant l’effacement : les regards, les liens, la dignité au coeur de la précarité. Il constitue une archive sensible de cet « entre-deux », où une communauté se tient entre deux mondes, deux temps, deux toits.
Chaque image témoigne de cette réalité en suspens, d’une ville qui se transforme sous leurs yeux mais sans eux. Ces photographies participent ainsi à une mémoire visuelle, révélant ce que l’urbanisme invisibilise : la vie persistante dans les interstices du changement.
Anne Mocaër développe une pratique photographique centrée sur les femmes, les espaces et les territoires. Son travail souligne les tensions entre tradition et modernité, contrôle et liberté, réel et imaginaire.
À la croisée de l’intime et du social, elle mêle approche documentaire et sensibilité, révélant les tensions du contemporain et les structures souvent invisibles qui façonnent nos manières d’habiter le monde. Ses images tissent des liens entre expériences individuelles et enjeux collectifs.
